Au boulot les statisticiens. Quelle probabilité que je discute microcrédit avec un chercheur français spécialiste du domaine à Pondichéry en Inde au moment même où le comité Nobel décide de primer Mohammed Yunus?
C’était il y a deux jours, à la sortie d’une des conférences sur la propriété intellectuelle que je donne en Inde grâce à vos impôts. Marc Roesch, chercheur à l‘Institut Français de Pondichéry a mal vécu le prix accordé à l’économiste bengladais. Pour une raison simple: le consensus est trop large. Lors des ses nombreuses enquêtes de terrain en Inde -où le micro crédit est très répandu- et en Afrique, il n’a pas vu motif à se réjouir. Tout comme l’une des collègues, Isabelle Guérin, elle aussi croisée cette semaine à Pondichéry et l’économiste Jean-Michel Servet, auteur d’un livre récent sur la microfinance.
Selon la geste officielle du micro crédit, voila un outil qui permet aux pauvres, et notamment aux femmes, de s’émanciper en leur ouvrant un accès au prêt que leur refusent les banques classiques afin de monter leur propre activité économique. Petites sommes, incitations au remboursement par la constitution de communautés locales, apprentissage de la responsabilité: le micro-crédit est vanté comme la panacée du développement, une martingale pour sortir des impasses des grands projets étatiques ou des dépenses d’argent public. Après tout, s’il suffit de ces prêts minimes pour permettre aux pauvres de créer une activité et de gagner en autonomie, pourquoi bouder son plaisir et de refuser le mariage entre marché et développement?
Dans le Sud de l’Inde, où a travaillé Marc Roesch, la réalité apparait moins séduisante. Dans les villages, très pauvres, il a constaté que ces prêts ne sont pas utilisés pour créer une activité ou générer des emplois. Dans 80% des cas, ce sont de simples prêts à la consommation destinés à secourir des familles écrasées par les dettes. Des sommes -certes très utiles- qui servent à compléter l’argent prêté par les habituels usuriers ou la mise au clou des bijoux ou de la vaisselle. L’argent sert à soigner un proche malade, à payer un dispendieux mariage ou enterrement, ou simplement à se nourrir… Et seulement dans de rares cas pour permettre la création d’une entreprise, même micro. “Le micro-crédit promeut une idélogie du self-made man, où l’on va donner à chacun sa chance par le marché. On n’est pas du tout dans ce cas là , on est dans la consommation”, m’a expliqué Marc Roesch la veille de la remise du prix nobel de la paix à Mohammed Yunus.
Pour le chercheur et ses collègues, cela ne disqualifie pas pour autant l’outil “micro crédit”, qui répond à un “véritable besoin”. Ils craignent d’ailleurs qu’une bulle autour du micro crédit -que le prix Nobel pourrait évidemment gonfler- se constitue et que les financements se tarissent lorsque l’on s’apercevra que la réalité est moins idyllique qu’attendue. Mais croire que c’est une solution miracle aux problèmes de pauvreté est un leurre et risque même de monopoliser l’argent du développement, au détriment des autres actions, comme le fait remarquer Isabelle Guérin.
On est sur un myhe. Des gens vivent de cela, des fonctionnaires, des ONG, des chercheurs. Et ce qui est tragique, c’est qu’on laisse tomber tout le reste: les programmes sociaux, l’éducation. Les ONG qui travaillaient sur ces domaines s’occupent de plus en plus de micro crédit, parce que les financements privilégient cet outil là .
Après la caution du Nobel, bon courage à tous ceux qui tentent de faire comprendre que le développement est un sujet complexe sans magic bullet.
PS: le dossier de Libé sur le sujet, écrit par mon ami Christian Losson, est particulièrement équilibré sur la question.





18 comments ↓
Sans parler des banques qui vendent du microcrédit sans la pédagogie qui va avec (creer un budget, évaluer les recettes/dépenses). Les ONG ont réussit à montrer que les pauvres étaient (la plupart du temps) solvables, maintenant les banques (les vraies) prennent la relève. Le calcul est super froid: c’est super interressant de prendre même un centime à un milliard de gens.
Cela permet de rappeler que les “solutions” qui permettraient le devellopement economique ne doivent pas s’inspirer d’une realité “occidentale”, ici en l’occurence l’aide s’inspire d’un systeme liberale (montant du pret et taux) et est porteur de valeurs comme l’individualisme avec comme souci le droit des femmes,tout ceci pour dire que ce sont des cadeaux empoisonnes parce que ces iniatitives, certes louables, sont porteuses d’un projet et de valeurs qui contredisent la realite socio-culturelle des pays.
VOtre post est clair et argumenté. J’aurais du vous emprunter quelques précisions pour le mien.
Que MM. Marc ROESCH, Jean-Michel SERVET ou Mme Isabelle GUERIN critiquent un prix nobel de la paix pour son action est simplement déplacé.
Le problème est, qu’apparement, dans le sud de l’inde, l’argent va à des prêts à la consommation. Et que ce ne sont donc pas des “entrepreneurs”.
C’est vrai que faire vivre sa famille ce n’est pas économiquement correct !!!
C’est vrai que l’argent d’un crédit à la consommation ne va pas dans des entreprises qui ont vendus “ces consommations”!!!
Dire aussi que le développement est un sujet complexe (avec ou sans “magic bullet”), c’est prendre les gens pour plus bêtes qu’ils ne le sont.
Cette façon de mépriser quelqu’un parce qu’il propose une solution est tout bonnement de la jalousie.
Certains feraient bien de ne pas relayer ce genre de propos
Quand à l’article de M. Christian LOSSON, il finit toujours dans le larmoiement et la satisfaction de ne pas avoir trouver la solution miracle.
cher monsieur arthem
je remercie la personne qui a signalé ma publication. Certains journalistes ont utilisé mon ouvrage sans le citer… alors qu’il etait dans l’annonce de l agence france presse. Je ne suis en rien jaloux car
Je me felicite de ce prix… qui donne l’occasion à d’autres journalistes de citer des travaux qui m’ont pris plus d’une dizaine d annees
j ai aussi des activites dans le domaine et pas seulement des articles et livres$
mes arguments de critiques pas totalement negatives… se deroulent sur 500 pages ayez au moins l’honnetete de lire avant de le critiquer par simple prejuge…
monsieur arthem
et que dites vous des suicides familiaux en inde en raison du surendettement??
que cela permet de vendre des engrais qui servent à se suicider dans ce pays???
Il y a aucune jalousie mais le refus de solutions neoliberales qui conduisent si l’on en voit pas les limites à un monde pire…
le gouvernement indien est en train d agir face à cette situation me dit on
Quelles en sont les raisons d’apres vous?? un refus de relancer la consommation
A propos du commentaire de M.Arthem :
Faire l’amalgame entre “jalousie” par rapport à un prix Nobel et examen critique de réalités observées sur le terrain (pas seulement en Inde, mais aussi en Afrique subsaharienne et en Amérique latine) me paraît fâcheux. M. Arthem a-t-il pris la peine de prendre connaissance des travaux incriminés des trois chercheurs, et notamment de l’ouvrage de JM Servet, pour avancer avec tant de certitude ?
Ce qui pose surtout problème avec la microfinance, c’est que les “arguments de vente” avancés par les bailleurs de fonds, certaines institutions de la microfinance, ainsi que des décideurs nationaux (les success stories) ne correspondent pas à l’utilisation effective qui est faite d’un grand nombre de prêts. La confusion est cependant entretenue, puisqu’il est tellement rassurant - pour les nantis - de penser qu’avec des techniques financières on peut résoudre le sous-développement. Or, on sait très bien que celui-ci renvoie, en fait, avant tout au politique !
Je trouve que comparé à ton travail habituel souvent très bien argumenté, cet article n’est pas du tout argumenté de manière sérieuse et je pense même qu’il est très dangereux. Quand tu dis que l’argent du microcrédit sert plutôt à autre chose, d’où tu sors ça ? Quelle enquête sérieuse ? Quel pourcentage précis des sommes attribuées sont-elles gaspillées ainsi ? Si elles sont gaspillées alors pourquoi 98% des microcrédits sont-ils remboursés ? personne n’a dit que le microcrédit est une solution magique ! Mais c’est la meilleure pour lutter contre la pauvreté tout simplement.Parceque les peuples comme les personnes ont des narcissismes. Les pauvres doivent pouvoir espérer mieux que la charité vous ne pensez-pas ? Le microcrédit est la meilleure solution parceque pour la première fois il ne s’agit pas de charité, tout simplement.Au lieu de donner du poisson à celui qui a faim, apprends lui à pêcher, donne-lui le fric pour s’achter une canne ou un filet à pêche.Quelquefois on devrait garder sa capacité de révolte pour des choses qui en valle vraiment la peine.
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Il ne s’agit pas ici d’être pour ou contre le micro crédit de façon binaire. Je rapportais juste les commentaires de chercheurs spécialistes du micro-crédit, pointant les limites du système. Rien de plus. Ces mêmes chercheurs (Marc Roesch, Isabelle Guérin et Jean-Michel Servet) travaillent sur le sujet depuis de nombreuses années, et la lecture de leurs publications est instructive: elle montre les avantages et inconvénients du mécanisme.
Par ailleurs, Philippe, tu te fourvoies dans ta remarque sur “mieux vaut apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner du poisson”. Ce qu’ont constaté ces chercheurs, c’est que l’immense majorité des prêts accordés servent justement… à acheter du poisson, pas une canne à pêche! Cela ne disqualifie pas, loin s’en faut, l’importance du crédit, cela relativise juste les discours les plus idylliques sur le sujet…Â
Il est évident que je n’avais pas ici la prétention d’offrir une thèse complète sur la micro finance. Pour plus de détails, je renvoie à l’ouvrage de JM Servet, au site de l’Institut Français de Pondichéry ou, en plus synthétique, aux articles de Christian Losson dans Libé.
 Caveat Emptor
“Ce qu’ont constaté ces chercheurs, c’est que l’immense majorité des prêts accordés servent justement… à acheter du poisson, pas une canne à pêche”
Ils ont constaté quoi exactement ? Quels chiffres ? Quelle enquête ? Quand ? Où ? Les organisations de microcrédit avancent un pourcentage de 98% de remboursement, ce chiffre est-il faut ? C’est très facile de balancer des rumeurs comme celle là , cela ne fait que renforcer l’idée des plus cyniques qui consiste à faire de ces populations des irresponsables, des fainéants. C’est faux. la majorité de ces prêts sont accordés à des femmes qui ont des enfants à nourrir. ceci sur la base de projets concrets et contrôlés par des agents locaux qui eux même sont contrôlés par des organismes qui donnent des notes (ratings) à chaque micro banque. Jusqu’au micro crédit, pour monter un commerce, il fallait détenir du capital ou des garanties.Avec le micro crédit, ce n’est plus le cas.C’est une vrai révolution du capitalisme.Tes amis soi disant experts ne peuvent pas fusiller un truc pareil avec des on dit.
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Ecoute Philippe, faudrait voir à se calmer, non?
1) Ce ne sont pas “mes amis” et ils ne sont pas “soi disant experts”. Ce sont des chercheurs, spécialisés dans le domaine, évalués par des publications etc…
2) Ils ne fusillent pas le dispositif: ils font juste remarquer que, contrairement à ce que l’on entend souvent, le crédit en question ne sert pas *dans la majorité des cas* à créer une activité, mais à financer de la consommation.
3) Je ne vois pas le rapport avec le fait de rembourser ou pas. Cela n’a rien à voir.
4) Méfions nous des “révolutions” permanentes, ou des outils miracles: surtout en matière de développement, il n’y a pas de miracle: c’est un ensemble équilibré de mesures (infrastructures, gouvernance, aides publiques et… micro crédit, probablement) qui peuvent changer les choses. La plupart des partisans de la microfinance ne disent pas autre chose, d’ailleurs.
Et enfin, pour obtenir les chiffres précis, leurs enquêtes etc…, merci de se référer à leurs publis
et au bouquin de Jean-Michel Servet, dont le lien est dans le post. Les articles de Christian Losson dans Libé, eux aussi en lien dans le post, contiennent pas mal de précisions et de nuances.
Caveat Emptor
Si dans la majorité des cas, comme ils disent, cet argent sert à la consommation c’est qu’il n’est pas investit, c’est donc qu’il est dépensé. S’il est dépensé comment peut-il être remboursé à presque 100% ? Ensuite, excuse moi mais les mots sont forts, on parle ici de Mythe ! Le Microcrédit serait un mythe qui remplacerait peu à peu toutes les autres formes d’aides ? Et tu parles d’un point de vue équilibré ? Je ne trouve pas qu’il soit équilibré.
[…] •Après le prix Nobel de la Paix attribué à l’inventeur du microcrédit, je suis tombé sur un article de 2001 sur le sujet signé par Daniel Pearl. Oui, Daniel Pearl. […]
heureux de voir que le debat se poursuive…
Le microcredit, est un outil efficace dans des circonstances exceptionnelles pour des populations pauvres
J ai peur que l’on detruise un instrument qui ne lutte pas contre la pauvreté mais qui lutte contre l’exclusion financiere
et en ce sens est justifié.
L’exclusion financiere ne concerne pas seulement la population dite pauvre….
Nous avons organisé à Geneve une table ronde sur cette question avec presence representant BIT et d’institutions financières de la place faisant du placement en microcredit, du conseil en placement et travaillant sur la technique des fonds de garantie`
Ce qui est dit dans Banquiers aux pieds nus est tout à fait en phase avec la pratique de ces institutions et est très éloigné des illusions que la plupart des journaux sont en train de véhiculer sur les fonctions du microcredit.
Reunion d’actionnnaires jeudi soir à geneve d’une société faisant du conseil en placement de microcredit
meme realisme
Pourquoi faut il faire rever les chaumieres sur les pauvres liberes par le microcredit ??
Voltaire disait quand tu vois un suisse sauter par la fenetre saute avec y a de l’argent à gagner`
… Les suisses ne sautent pas n’importe où
La Tribune de Geneve de mercredi a publié une intervention de servet lors de la table ronde de mardi… Cette intervention n’a pas provoqué parmi les auditeurs de la table ronde (environ 120 personnes) une agression du type de celle que je lis dans certains commentaires de ce blog…
Attention aux sirenes de Maria Nowak en France
Il s’agit pour l’Adie d’arriver à faire croire qu’en faisant sauter le taux d usure on peut répandre le microcredit`
Que faire avec 50.000 creations d’emplois promis par an face à plus de trois millions de chomeurs ou de temps partiels non consentis
Les Francais souhaitent ils detruire le taux d’usure avec les risques que l’on imagine
pour une efficacité si limitée
Au Pérou , où je suis retourné pour la troisieme fois cette fin d ete, grace à l absence de limite aux taux d usure les microbanques pretent à 5% par mois uniquement à des populations urbaines au dessus du taux de pauvreté. Dans les zones rurales et à population fortement illetrée les prets sont faits par des ong fortement subventionnées
calvin…
calvin a fait bruler michel servet à geneve le 27 octobre 1553
date anniversaire ou presque
Je crois aussi, comme ‘Baumann’ qu’une lecture des livres de JM Servet ou I Guérin (ou, comme on demande des références ceux de Marc Labie, H. Weber ou l’analyse d’Armendariz et Morduch montrant les limites des données actuelles sur l’impact du microcrédit) permet de remettre le crédit à sa place. Je ne crois pas, comme Yunus le dit, que l’accès au crédit est le premier droit de l’homme, qui permettra la réalisation des autres droits. Les soins de santé, la faim et l’éducation sont par contre les premières conditions pour pouvoir ne fut-ce que penser lancer une activité sans courir au drame social (surendettement, travail forcé etc.).
Le microcrédit, quand il est bien construit et géré mais aussi quand il est à un coût abordable et permet à l’emprunteur d’avoir une marge bénéficiaire (!), permet de diminuer l’exclusion bancaire, (ce qui est déjà beaucoup quand dans certains pays comme le Congo 35 000 comptes en banque dans des institutions bancaires pour une population de 60 million d’habitants), mais seul, il ne résout pas grand chose. De plus, tout le monde n’a pas l’envie, les compétences pour être entrepreneur et supporter les risques financiers énormes que cela sous-entend. Enfin, s’il a pour but de développer durablement des nouvelles activités (et pas de l’auto-subsistance), il me paraît logique que le crédit soit accompagné de formations (de développement d’activités génératrices de revenu), de suivi dans la création d’activité, ce qui coûte très cher… Les institutions de microfinance prêtent d’ailleurs le plus souvent à des clients au dessus ou autour de la ligne de la pauvreté, qui sont donc dans une situation sociale moins grave (en terme des premiers droits de l’homme) que les plus pauvres.
Je confirme les chiffres données par Florent en haute de cette page. Pour les populations proches du seuil de pauvreté du Sud de l’Inde, si les fonds sont donnés en cash (et pas sous la forme d’une vache ou d’une chèvre ou d’une machine à coudre etc)et si les gens répondent honnêtement (et pas ce qu’il y a écrit sur le cahier de l’agent de crédit par exemple) ils sont utilisés à 80 % pour la santé, l’alimentation, les obligations sociales (mariage décès cérémoniees divers) l’éducation des enfants. Ces chiffres ont été établies par nos enquêtes, mais aussi par celles d’ONG et diverses études d’impact.
Les remboursements sont annoncés à 90 % pour rassurer les bailleurs de fonds. Nous avons de nombreux témoingnages d’agents de terrain mais aussi des relevés de cahier de remboursement ou il apparaît clairement que souvetn, quand l’on accorde un nouveau prêt à un client et une partie de ce prêt sert à finir de payer le crédit précédent. Dans le cas des suicides d’Andhra Pradesh Inde du Sud (voir http://microfinancement.cirad.fr/fr/news/bim/Bim-2006/BIM-11-04-06.pdf
http://microfinancement.cirad.fr/fr/news/bim/Bim-2006/BIM-25-04-06.pdf) 25 % des emprunteurs ont remboursé en empruntant aux usuriers. C’est un autre moyen d’arriver à 99 %.
Toutes ces données ont fait l’objet de compte rendus partiels, mais il faut comprendre aussi que leur publication sans précaution peut gravement nuire aux ONG qui ont collaboré avec nous pour savoir ce qui se passe chez eux, et qui sont souvent elles-mêmes victimes de cette frénésie des bailleurs de fonds sur la microfinance. Il ne faut pas effrayer les bailleurs, et surtout pas si c’est des banquiers. La moindre des politesses est de mesurer les conséquences de ce que l’on publie et de ne sortir une étude qu’avec des propositions d’amélioration. C’est ce sur quoi nous travaillons avec les ONG et avec les autorités locales.
Mais j’estime que nous avons à nous exprimer sur la sur-médiatisation et la “sacralisation” de la microfinance (ça commence à ressembler à une religion, on vous demande “vous croyez ou vous ne croyez pas à la microfinance”, avec son grand prêtre Yunus et son Opus Dei …). Elle est trop dangereuse.
Bien à vous
Marc
ce que je constaste dans votre intervention Mr Servet comme dans celles de tous les intervenants qui critiquent ces actions c’est le manque de chiffres précis, de données objectives. La speculation , je la vois plutôt de votre côté, excusez-moi. Et le flou artistique aussi.Cette phrase par exemple est un non sens: “J ai peur que l’on detruise un instrument qui ne lutte pas contre la pauvreté mais qui lutte contre l’exclusion financiere et en ce sens est justifié.” Mais monsieur, la pauvreté c’est l’exclusion financière ! Je ne doute pas que vous soyez de bonne volonté.Des gens de bonne volonté il y en a beaucoup. Des gens qui agissent il y en a peu. Et quand on est dans l’action, on est bien obligé alors de tenir compte du contexte sociétal et économique dans lequel on vit.Ceux qui défendent le principe du microcrédit sont dans l’action, ils se heurtent à la fois au vieux système bancaire où l’on ne prête qu’aux riches, et aux intellectuels qui les critiques. Ceux qui prêtent sont bien obligé d’appliquer quand même des taux, les plus bas possibles, car il faut bien trouver des fonds, tout simplement. Je trouve que vos réactions sont comparables en tout point à ceux de la droite la plus réactionnaire qui a pour habitude de pointer du doigt les 10% de gens peu scrupuleux qui profitent des actions collectives les plus efficaces contre la pauvreté: le RMI, L’Assedic ou la sécu par exemple.Encore une fois, soit on est pour une société de la charité, soit pour une société de la solidarité.Quand on est pour une société de la solidarité le principe du microcrédit doit être défendu avec force d’autant qu’il en est à ses débuts.Merci.
reponse à philaxel
pas de chiffres
soyez honnete lisez ce que nous publions
distinction entre pauvrete et exclusion
il y a beaucoup plus d’exclus financiers qu’il n’y a de pauvres sur la planete
ne confondez pas les deux
voir ce que dit marek sur le congo…
lisez la encore un des chapitres de mon ouvrage
La lutte contre la pauvreté à travers les objectifs du millenaire
est une approche purement économiste…
mais lisez avant d’accuser…
et pas seulement mon ouvrage d’ailleurs
les milliers du mort en Inde par suicide pour surendettement ce ne sont pas des speculations d’intellectuels mais les conséquences d idéologies dont vous prenez la defense et qui defendent les interets de conseillers en microcredit à travers la planete…
mon ouvrage fait 511 pages et ne comportent aucun chiffre???
curieuse accusation
regardez les travaux realises dans le cadre de l’ifp
et comprenez ce que dit marc roesch…
quant à l’accusation contre des intellectuels
qui ne font rien
vous tombez mal
et evitez ce genre d’opposition
quand vous ne connaissez pas les personnes
La encore vous faites preuve de prejugé
et d idees recues
je suis aussi partie prenante du systeme et pas seulement en tant que chercheur
…
je suis ue membre du conseil d’administration d une s a à geneve impliquée directement dans la microfinance
je ne l’ai pas fait pour m’enrichir
on m’a simplement preté une action pour en etre membre
cela me permet de comprendre de l’interieur et je pense d’etre utile à coté de banquiers genevois notamment
ceux ci ont sans doute mieux compris que vous l’apport possible de la connaissance du terrain et les critiques d’experts travaillant dans le domaine depuis de tres nombreuses années pouvaient leur etre utiles
Si j etais uniquement critique croyez vous que cette collaboration aurait un sens
De plus j ai plus partagé au cours des vingt dernieres années le quotidien de clients des organisations de microfinance et d’agents de crédit à la base que la plupart de ceux qui s’affichent comme des acteurs du microcredit et sont surtout membres de la jet set du microcredit. Je vois plus souvent ces pretendus acteurs à la television et par internet dans les grands meetings du microcredit que parmi les populations pauvres
Ce n’est pas en frequentant essentiellement des hotels de luxe et en 4×4 qu’ils peuvent realiser ce qui se passent à la base
Avez vous oublié l’origine du terme intellectuel? je vous laisse ce genre d’accusation
qui sont pour ce qui me concerne tres loin de la cible
le microcredit principe de solidarité
??
curieux prejugé là encore
c’est une technique financiere rien de plus
tout comme un carnet de cheque
et selon l usage que l’on en fait on est ou non dans la solidarité
cela fait l’objet de la conclusion de mon ouvrage
excusez moi de me citer encore
en un mot le microcredit ne fait pas partie des actions les plus efficaces contre la pauvrete
il peut meme dans certaines circonstances l’accroitre
…
et les naivetés que vous developpez à son propos et que la presse deverse à longueur de pages sont dangereuses
Comparer le microcredit au rmi aux assedics etc est proprement surealiste…
Ce ne sont pas des exces que nous critiquons mais une modalité tres generalisée de fonctionnement au Sud et que Marc a tres bien brievement decrite
Ceux qui travaillent depuis des années dans un champ et qui voient se propager des idées fausses et qui risquent dans quelques temps de se retourner contre des populations qui sont clientes
doivent ils se taire???
pour satisfaire les modes du moment
il est plus facile de surfer sur la vague des idées reçues et
sans doute je compterais plus de citations de mon Banquiers aux pieds nus si je l avais fait
Odile Jacob a largement diffusé l’ouvrage et je ne connais en France qu’une seule publication en ayant rendu compte
Alternatives eco
Leon Walras (dont j’ai ete un des co editeurs des oeuvres completes) disait
Il y a eu deux periodes dans ma vie
Dans la premiere tout ce que je disais etait l oeuvre d un fou
dans la seconde tout ce que j avais dit avait ete dit avant moi…
voila le sort de nombreux intellectuels
qui pensent aussi pouvoir agir à leur facon dans les sociétés dans lesquelle ils vivent sans mérités etre traités d’inutiles
jean michel servet
Le micro-crédit, je pense l’avoir découvert au hasard de mon mariage, avec le système de tontine que pratiquent les africains et leurs frères de la diaspora.
- Plus qu’un outil bancaire à des taux que nous considérons comme usuriers, c’est un outil social, qui permet à la communauté de se retrouver à tour de rôle chez un de ses membres, au plus une fois par semaine, au moins une fois par mois, et de renouveler ses rites.
- Les divertissements vont de pair avec des jeux d’influences et une coercition sociale forte. Des pénalités s’appliquent automatiquement pour de petits manquements; dans les cas difficiles, le groupe prend son temps pour exercer sa sagesse, en graduant les mises à l’épreuve du retour au bercail des brebis égarées.
- Les sommes sont généralement attribuées en fonction des besoins sociaux de la personne, plus rarement il peut s’agir de réaliser un petit investissmement. Mais bien entendu, ceux qui participent à des grosses tontines le font pour pouvoir se lancer dans de gros investissments.
- Selon les cas, la communauté de la tontine porte des jugements, encourage, critique ou recherche dans sa mémoire collective, les conseils les plus adaptés à la situation.
Alors, même si mes connaissances ne vont pas beaucoup plus loin que ce type d’expérience, je me demande ce que nous les occidentaux pourront apporter de mieux ? Je n’ai en revanche aucun mal à imaginer la destruction de bonnes pratiques sociales qui s’en suivra !
Quant à l’aide au choix des investissements qui devrait être la planche de salut de notre développement, c’est un des sujets les plus difficile qui soit.
- Nous mêmes voyons les possibilités d’investissements à notre échelle se réduire en raison de l’escalade d’investissments concurrents toujours plus gros.
- Mais nos immigrés, familiers du système occidental, diplômés ou pas, ont encore plus de difficultés à comprendre comment monter de petits projets pour aider leurs frères restés au pays. L’écart des perceptions des uns et des autres est tel, que personne ne voit comment adopter une démarche commune utile et s’y tenir.
Si bien qu’ils font la fortune des vendeurs de Money Transfer en envoyant régulièrement à fond perdu, à leurs parents des petites sommes… En attendant de faire la fortune des vendeurs de micro-crédits qui récupèreront des sommes rondelettes sur les subventions que nous ne manqueront pas d’accorder au titre d’une aide au développement généreuse censé limiter les migrations ?
J’espère que ces bribes d’expérience permettront à chacun de reconsidérer le micro-crédit sous l’angle de la cohésion sociale et que c’est assez peu compatible avec le développement de la finance même quand elle se donne pour but une “meilleure” et plus rapide allocation des ressources.
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