CNE: puisqu’on vous dit que c’est de la balle!

worker.jpgLe Contrat Nouvelles Embauches, c’est tellement tip top que Nicolas Sarkozy veut l’étendre à tous les salariés. Et pour prouver que le CNE -qui permet de rompre un contrat de travail sans motif dans les deux premières années- c’est vraiment bien, tous les moyens sont bons: l’économiste Eric Maurin revient sur la façon dont un sondage médiocre sert aujourd’hui la propagande gouvernementale sur le sujet, à défaut de laisser de véritables études d’évaluations être publiées. On notera aussi le commentaire d’Olivier Bouba-Olga.

Image: sculpture murale prise à Düsseldorf par hllr. Licence Creative Commons by-nc-nd

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#1 Éric on 02.23.07 at 2:11 am

Tiens, c’est marrant, depuis déjà tant d’années que “Caveat Emptor” existe, je viens seulement de m’aviser de chercher ailleurs ( mais pas plus loin que Google, qui d’ailleurs existe depuis moins longtemps ) d’autres sources relatives à une éventuelle signification intelligible de ce latinisme abscon ici présenté – avec cette mauvaise foi gauchiste que j’aime – comme invitant à se méfier des marchands ( ce que ma grand-mère, marchande elle-même, faisait déjà sans parler latin ni bien sûr websurfer puisque trépassée avant la première trame ip ) .
Or donc, un rapide googleage me donne sans surprise à l’arriver wikipedia.org ( EN-us ) talonné de près par wikipedia.fr (FR-fr) et clôturant un tiercé gagnant quoiqu’inattendu par rien de moins que le présent caveat.ouvaton.org (franco-latrivien, normalisation ISO en cours) .
Où l’on apprend qu’il est de jurisprudence constante en droit étasunien que le pauvre client berné doit être bien heureux d’avoir encore ses yeux pour pleurer puisqu’il n’avait qu’à se méfier du marchand dès le début. Je trouve cela d’un libéralisme atlantiste plus que discutable.
Encore plus consternant est la laborieuse traduction, litterale quoiqu’approximative, qui en est donnée dans wikipedia.fr .
Les linguistes non-latinistes fainéants de toutes obédiences regretteront bien sûr de ne trouver dans les vingt premières occurences aucune indication morpho-syntactique permettant de dépasser l’intuition primaire que /caveat/ se rapporte à un hypothétique sujet relégué à la troisième personne du singulier ( voire même à une encore plus hypothétique forme de subjonctif ) tandisque le /emptor/ , acheteur antique dans toute sa niaise simplicité du nominatif, n’avait qu’à se méfier et c’est bien fait pour ses pieds puisqu’on vous le dit.
Puis, un googleage plus profond le confirmera, cette expression lexicalisée ne renvoie à rien d’autre qu’à la jurisprudence commerciale étasuniène (mais il est vrai que personne n’a jamais dit que Google était une référence en matière de lexicographie latine).
Je vous l’avais dit : tout celà sent le libéralisme atlantiste à plein nez.
Le sarkosisme, puisque vous insistez.
Bien sûr, on notera au passage que depuis le début du siècle dernier, la même jurisprudence a évolué en faveur du //caveat venditor// que le lecteur attentif traduira de lui-même.
Ce qui place en définitive le tôlier du présent blog en plein dans une uchronie qui donnerait à un anarchiste communard (i.e. proto-communiste) un accès sans limite mais sans maîtrise – et pour tout dire presque consanguin – à la contemporaine trinité blog/google/wikipedia.
Cependant – in caudam laudatio – je rend grâce à Florent de nous ouvrir ici une faille spatio-temporelle consistente et cohérente qui nous donne un peu de matière et d’espoir pour résister – encore et toujours – à la déferlante du magma gluant de la pensée unique libéralo-sécuritaire.
Dussions-nous en perdre ce qui nous reste de latin.

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