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Marchines à voter: les faux modernes du Conseil Constitutionnel

Le dernier bilan du Conseil Constitutionnel sur la présidentielle revient sur la contestation des machines � voter. Laurent Guerby explique avec justesse pourquoi le Conseil passe � côté du sujet en opposant naïvement Anciens et Modernes sur ce sujet…

Les maisons de disque votent Sarkozy

sarkomix.jpgLe syndicat français des maisons de disques, le Snep, s’inquiète très fort des positions de Ségolène Royal en matière de peer-to-peer. La gueuze ne serait-elle pas tentée par un débat ouvert sur l’évolution du droit d’auteur, voire par la vilaine licence globale? Bon point pour Nicolas Sarkozy, en revanche, qui ne s’est pas foulé pour l’occasion: les échanges via l’Internet, c’est de la délinquance. Et il l’a assez répété, sa France � lui sera sans pitié-sans laxisme avec la délinquance. Pour la bonne bouche, on rappelle son opposition � la licence globale , formulée en termes mesurés et subtils:

“Si je suis élu président de la République, il n’y aura pas de licence globale. Je n’accepterai pas l’idée du vol organisé sous prétexte du jeunisme et de la société de l’information. Car avec ça, on tuera toute forme de création.”

Pas de naïveté ici: je sais bien que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, contraints � des prises de positions parfois douloureuses quand nous avons l’étiquette “salarié” sur le front. Mais nous sommes en pleine campagne présidentielle et les motifs d’inquiétude � propos d’un Sarko déchaîné se multiplient. En être réduit � féliciter ce dernier pour sa fermeté affichée � l’égard des pratiques culturelles de millions de français par réflexe corpo, j’espère au moins que ça suscite quelques crampes d’estomac � certains adhérents du Snep.

Conflit d’intérêt: c’est ici. Ou alors par l� . Ou encore ici etc.

Crédit photo: Benoit Degiovani sous licence Creative Commons by-nc

Joe “Sarko” Dalton kärcherise à tout va

Joe Dalton -dixit Jamel Debbouze dans cet extrait vidéo très drôle- a sorti la mitrailleuse � crachats ces derniers jours. Nicolas Sarkozy parviendra-t-il � insulter et menacer tous les Français et même tous les européens d’ici au premier tour? C’est bien parti.

Joe Dalton fâché avec l’Allemagne:

Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas � rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale.

Joe Dalton fâché avec les millions d’internautes fans de musique:

Il n’y aura pas de licence globale en France. Je n’accepterai pas le vol organisé sous prétexte de jeunisme, je me battrai pour le respect du droit d’auteur

Joe Dalton fâché avec un gros paquet de bac+5:

Depuis trente ans, ce sont des commissaires européens, des dirigeants de Banque Centrale, des cabinets ministériels, des grands corps, des experts , qui pensent � votre place, décident � votre place.

Joe Dalton fâché avec les parisiens de gauche qui se lèvent tard:

Une partie de ce microcosme parisien qui ne prend jamais le métro et qui n’a pas besoin de se lever tôt pour aller gagner sa vie et qui entend absoudre le fraudeur, alors que c’est le travailleur qui a des fins de mois difficiles qui paie � sa place

Machines à voter: et la République, alors? (II)

voting.jpgPlusieurs centaines de milliers d’électeurs devraient voter, pour la première fois, sur des machines lors de la présidentielle. Vive la modernité conquérante? Certainement pas: comme il est rappelé sur ce site anti-citoyen pousse-bouton, plusieurs des modèles choisis par des municipalités françaises ont déjà montré leurs faiblesses à l’étranger, notamment en Irlande. Et surtout, nul besoin de disséquer les modes d’emploi pour piger l’embrouille. Confier votre bulletin à une machine, c’est déléguer le contrôle de la régularité du scrutin à des experts et des entreprises privées. En toute simplicité antidémocratique. Les urnes transparentes et le contrôle décentralisé du décompte des bulletins par des militants de tous les partis sont bien évidemment la meilleure méthode pour éviter les pépins, même si ce n’est pas 100% bourrage-proof. A la poubelle, les machines à voter.

Conflit d’intérêt: je suis citoyen français avec carte d’électeur et j’aimerais bien que mon vote compte.

Image: Autocollant anti-machine à voter, par ShutterCat7 sous licence Creative Commons by-nd

Flics près des écoles: et la République, alors? (I)

En petit complément d’un post précédent et fâché sur les rafles anti-sans papiers devant l’école de la rue Rampal, dans le XIXè à Paris, une vidéo amatéur tournée sur les lieux. Parents pas contents, flics juste faire leur boulot “avec humanité” et “sur un sujet où il est malvenu de faire de la démagogie”, comme le rappelait le très responsable Jean-François Copé encore hier lors de l’émission Mots Croisés.

[youtube]i1vhv8I_P6k[/youtube]

(précision: la vidéo circule sur YouTube et DailyMotion. La source est inconnue et, comme toujours, prenez un peu de distance par rapport à la force de l’image. Les témoignages rapportés par la presse concorde avec la séquence, mais il convient toujours de se méfier)

Le GIGN bientôt dans les cours d’école?

tuxsoldat.jpgLa chasse aux sans-papiers prend une très vilaine tournure. Bataille rangée entre parents d’élèves et policiers à la sortie d’une école, avec lacrymo, mômes en pleurs et la directrice en garde à vue. Ben tiens, c’est ça l’ordre républicain? On interdit les bars à proximité des établissements scolaires, mais pas les descentes de keufs? Parents du XIXème à Paris, soyez prévenus: désormais, n’oubliez pas la barre à mine avec le goûter en allant chercher votre enfant.

Illustration: Tux le manchot va chercher son môme à l’école, par Manuel Pinot (licence Creative Commons by-nc-nd)

No Sarko, no comment

UMP
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Nous sommes tous des Alain Duhamel

duham.gifAlain Duhamel suspendu par France Télévisions car, accrochez-vous à la souris, le garçon a avoué en public des sympathies bayrouistes. Pas trotskistes ni anarchistes. Pas lepenistes ni même ségolistes ou sarkozystes, chavistes, castristres, titistes. Surtout pas populistes. Le gaillard ne peut pas même être soupçonné de sympathies nonistes. Non. Alain Duhamel, le chroniqueur politique le plus omniprésent de France, est puni par Arlette Chabot car il a confessé devant quelques étudiants en novembre dernier qu’il allait voter Bayrou. Bayrou. Le bi politique le plus troisième homme de France. Le tiède ultra. Le plus petit dénominateur commun, le sans-vague, le seul homme politique capable de transformer un bon vieux repas familial d’engueulade politique en tea time somnifère.

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Ségo-Sarko: le contrat de travail comme clivage

Nicolas S. aime le CNE, sa souplesse pour mettre dehors un salarié sans motif pendant deux ans, sa modernité flexible et toutes ces choses. Ségolène R., avec son sticker “de gauche” sur le front, se sent obligé de faire du gringue au CDI et ajoute la sécu professionnelle pour, elle aussi, s’afficher modernité flexible. Bravitude et Québec libre mis de côté, ça suffit pour faire un choix de deuxième tour, ce genre de clivage, non? Ou alors il reste toujours plus excitant de renvoyer dos à dos et à droite Marie-Ségo et Nico?
Quand il s’agit de glisser un bulletin dans l’urne, j’aime à regarder de vieux fondamentaux poussiéreux: quand Nicolas veut sucrer l’ISF et rogne sur l’impôt sur les successions, je distingue encore ma droite de ma gauche, sans doute un symptôme terriblement social-libéral.

Les profs gagnent 20% de moins qu’en 1982

Au moment même où un porte-parole du gouvernement fantasme un prof certifié émargeant à 4100 euros et où une candidate à l’élection présidentielle aimerait attacher les enseignants au radiateur de la cantine 35h par semaine, l’information est passionnante: les profs ont perdu 20% de salaire depuis le début des années 80. Je le répète pour tous les lecteurs pénibles (et de droite) qui ont du mal à accepter les chiffres: LES PROFS ONT PERDU 20% DE SALAIRE REEL DEPUIS LE DEBUT DES ANNEES 80.

Voilà donc la baseline, le slogan qui va déchirer votre cousin pénible (et de droite) lors de la prochaine engueulade familiale. L’argument bourre-pif qui va enrayer la litanie sur ces profs-feignasses (version UMP), sur ces profs -méritants -mais- quand - même - qui- pourraient -accepter -la -modernité (version PS) ou sur ces profs -qui -ont -quand -même -les -vacances (version consensuelle).

Pour plus de détails, on apprend par coeur la fiche technique: cette info est tirée d’un article des économistes Btissam Bouzidi (université de Cergy-Pontoise), Touria Jaaidane (Université de Lille) et Robert Gary-Bobo (Paris I), résumé sur Telos-eu. Ces trois chercheurs ont analysé les grilles de salaires des enseignants entre 1960 et 2005 et ont constaté que le traitement net des profs du secondaire et du supérieur avait grimpé de 40% en (salaire réel) entre 1960 et 1982, pour diminuer de 20% entre 1982 et aujourd’hui. La bascule correspond exactement au tournant de la rigueur sous le premier septennat Mitterrand.

Les trois chercheurs avancent plusieurs explications (chômage croissant, féminisation, démocratisation de l’enseignement), et proposent plusieurs implications (chute de la qualité du corps professoral, démoralisation) à ce phénomène, bien sûr. Vous pourrez tenir solidement pendant une bonne demie-heure face aux hoquets des pénibles (de droite).

PS: petit jeu pour nos lecteurs de droite. Pour trouver la nuance qui vous permettra de riposter en cas de provocation, il suffit de trouver dans l’article de Telos-eu le court passage qui correspond au titre choisi, apparemment sans aucun rapport avec le sujet: “Salaires ou loisirs: il faut choisir!”.

PS 2: Mes plus vives félicitations à l’éditeur de cet article sur Telos, qui est parvenu à extraire du texte un passage lui permettant de titrer social-libéral un article aussi incroyablement susceptible de réjouir n’importe quel archéo-socialiste.