La Commission européenne, par la voix du libéral-rigide Charlie McGreevy, veut allonger la durée des droits des artistes-interprètes à 95 ans contre 50 ans aujourd’hui. Champagne chez Charles Aznavour, Johnny Hallyday et autres chanteurs dont la carrière a débuté à un époque où la télévision était encore un objet de luxe. Leurs premiers tubes, encore vendus aujourd’hui, ne tomberont pas dans le domaine public, selon l’expression dépréciative commune. Ils ne pourront circuler sur des CD pressés par tout un chacun ou être téléchargés sur le Net sans qu’ils puissent réclamer leur dîme.
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Qui veut la peau du domaine public pour faire plaisir à Aznavour?
February 16th, 2008 — Immatériel
Le Libre, en vrai
January 19th, 2008 — Medias, Immatériel
A Libé, dans le cadre du projet audiovidéo LibéLabo, nous essayons de faire le grand écart: se préoccuper d’utiliser et promouvoir des formats et des logiciels libres, tout en diffusant nos programmes au plus grand nombre. Et le tout avec des moyens-chagrin. Ce n’est pas une surprise, mais c’est très difficile: quelques élément concrets à lire ici (lisez bien les commentaires, on y trouve plein de détails).
Android et la coiffure de Brin
November 14th, 2007 — Medias, Immatériel
Et voici la vidéo de démonstration d’Android, le futur système d’exploitation pour téléphone mobile de Google. Je ne sais pas comment vous faites pour rester concentré, mais pour ma part je ne parviens pas à écouter correctement un type avec une coiffure pareille.
Etats-Unis: les brevets coûtent plus qu’ils ne rapportent
July 15th, 2007 — Immatériel
Les brevets sur les médicaments sont accusés de bloquer l’accès aux traitements dans les pays du Sud; ceux sur les logiciels de freiner l’innovation… Les critiques adressées au système des brevets sont nombreuses et la plupart pointent les dérives d’un mécanisme qui peine de plus en plus à concilier intérêt général de la société et intérêt privé des titulaires de brevets. Mais jusque là , il était un reproche que peu de gens faisaient en bloc au système des brevets: celui de ne pas être bénéfique aux entreprises elles-mêmes. Après tout, quand une firme obtient un monopole de 20 ans sur une invention, aussi futile soit-elle, elle peut escompter la monnayer et en tirer des revenus. Surprise! Il semblerait que cet argument ne tienne pas non plus, car il ne prend pas en compte le coût important (et croissant) des conflits juridiques liés à la propriété intellectuelle.
C’est ce qu’affirment les économistes James Bessen et Michael Meurer, dans une série d’études qui alimentent un livre (Do patents work?) à paraître en 2008. Un excellent article du New York Times synthétise le débat. L’argument utilisé par Bessen et Meurer est simplissime: le coût pour les entreprise des procès concernant les brevets (pour faire valoir leur droit ou lorsqu’elles sont accusées de contrefaçon) dépasse les revenus qu’elles en tirent. En 1999, les firmes américaines ont ainsi encaissé 9,3 milliards de dollars de revenus grâce à leurs brevets. Mais elles ont dépensé 16 milliards de dollars en procès. Et cette situation a empiré entre 1997 et 1999, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, réalisé à partir des données de Besssen.

Bien sûr, ces résultats “macro” ne donnent pas toute la réalité de la situation, très différente dans la pharmacie ou dans l’automobile, dans les PME ou des les multinationales. Il y a des gagnants et des perdants, comme dans toute loterie. Comme bien souvent en matière de propriété intellectuelle, il convient de regarder finement et secteur par secteur pour en tirer des conclusions politiques et des pistes de réformes.
Qui veut de la “fuck you money”?
July 10th, 2007 — Immatériel
Le concept du jour, dans la bouche de Mike Shaver, l’un des responsables du développements du navigateur libre Firefox à la fondation Mozilla: la “fuck you money”, c’est les brouettes de dollars versées par Google à Mozilla pour avoir le privilège d’être visible sur le navigateur. La “fuck you money” permet à Mozilla d’être tranquille, explique Mike Shaver:
Nous avons les moyens d’envoyer paître n’importe qui si une proposition est contraire à notre éthique. Même si la somme en jeu est importante.
La lutte contre la piraterie en échange de l’autocensure
July 6th, 2007 — Immatériel
Le leader du parti conservateur britannique, David Cameron, est d’accord pour aider l’industrie du disque à combattre la “piraterie”, “l’échange illégal de fichiers” et même pour rallonger le copyright de 20 ans. Il l’a dit à la British Phonographic Industry ces derniers jours.
Mais Cameron aimerait bien une contrepartie a cet engagement, car il se pose plein de questions existentielles sur la société telle qu’elle dérive et sur la responsabilité de nos amis musiciens dans tout ce bin’s: Continue reading →
Les maisons de disque votent Sarkozy
April 25th, 2007 — 2007, Immatériel
Le syndicat français des maisons de disques, le Snep, s’inquiète très fort des positions de Ségolène Royal en matière de peer-to-peer. La gueuze ne serait-elle pas tentée par un débat ouvert sur l’évolution du droit d’auteur, voire par la vilaine licence globale? Bon point pour Nicolas Sarkozy, en revanche, qui ne s’est pas foulé pour l’occasion: les échanges via l’Internet, c’est de la délinquance. Et il l’a assez répété, sa France � lui sera sans pitié-sans laxisme avec la délinquance. Pour la bonne bouche, on rappelle son opposition � la licence globale , formulée en termes mesurés et subtils:
“Si je suis élu président de la République, il n’y aura pas de licence globale. Je n’accepterai pas l’idée du vol organisé sous prétexte du jeunisme et de la société de l’information. Car avec ça, on tuera toute forme de création.”
Pas de naïveté ici: je sais bien que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, contraints � des prises de positions parfois douloureuses quand nous avons l’étiquette “salarié” sur le front. Mais nous sommes en pleine campagne présidentielle et les motifs d’inquiétude � propos d’un Sarko déchaîné se multiplient. En être réduit � féliciter ce dernier pour sa fermeté affichée � l’égard des pratiques culturelles de millions de français par réflexe corpo, j’espère au moins que ça suscite quelques crampes d’estomac � certains adhérents du Snep.
Conflit d’intérêt: c’est ici. Ou alors par l� . Ou encore ici etc.
Crédit photo: Benoit Degiovani sous licence Creative Commons by-nc
Du bon usage de la piraterie RELOADED
March 29th, 2007 — Immatériel
Il était sorti en octobre 2004 chez Exils. On y parlait de Mozart qui piratait le Miserere d’Allegri � la Chapelle Sixtine et des labos pharmas contestant aux pays pauvres le droit de copier des médicaments pas chers. On racontait les DRM et les OGM, les logiciels libres et la science ouverte. On y trouvait des méchancetés sur Pascal Nègre, le boss d’Universal. On y décrivait les dérives de la propriété intellectuelle, devenue une machine folle � guerroyer contre les mélomanes, les patients, le public, les paysans et mêmes les créateurs.
Du bon usage de la piraterie était épuisé, ben c’est fini: le voici de retour avec une couverture orange qui flashe � la Découverte. Et en poche, donc pas cher. Il y a même une postface en bonus où l’on parle Dadvsi et Wikipédia. Bien sûr, l’ouvrage est toujours disponible en version intégrale sous licence Creative Commons by-nc-sa. Avec ses remix conçus par des lecteurs, dont une version audio. Et une très belle version HTML.
Du bon usage de la piraterie est désormais le pirate de poche, toujours gratuit et payant � la fois, comme on le raconte dans ce texte. Un vrai bouquin-joli � feuilleter, � corner, � offrir. Et un vrai texte disponible librement, accessible � tous.
Ce soir, je suis content. Merci, merci, merci, merci. A tous.
Radio.blog.club, le retour du refoulé
March 21st, 2007 — Immatériel
Nombreux débats ces derniers jours sur la fermeture temporaire du service de radio distribuée en ligne Radio.blog.club, fermeture provoquée par une Sacem très fâchée et au milieu d’une négociation. L’occasion d’un énième débat sur le droit d’auteur face au numérique et à l’Internet, de polémiques sans fin sur la vilaine gratuité et son camarade piratage. J’ai cédé à la tentation de gloser sur le sujet chez Calamo de Post Scriptum, en réponse à ses très pédagos arguments juridiques.
Dehors les blog-gueux!
March 12th, 2007 — Politiques, Immatériel
Camarades bloggeurs, vous allez moins faire les malins. Des mois et des mois que vous nous narguez, nous les journalistes professionnels avec carte de presse, notes de frais et une-seule-mission-l’information. Que vous nous prenez la tête avec vos blogs et votre “journalisme citoyen”. Que vous nous traînez dans la fange, parasites de la communication que nous sommes, intermédiaires bidons et accapareurs de l’information.
Vous allez moins faire les malins car le gouvernement semble bien décidé à mettre un peu d’ordre superjuste dans votre loghorrée blogguique. Sa première mesure est d’ores et déjà très prometteuse. Grâce à un petit article glissé dans la loi sur la prévention de la délinquance, il devient interdit aux blog-gueux d’enregistrer et diffuser des images violentes. Seuls les Vrais Journalistes et les Médias Agréés peuvent le faire. Pour les autres, c’est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.




