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Les maisons de disque votent Sarkozy

sarkomix.jpgLe syndicat français des maisons de disques, le Snep, s’inquiète très fort des positions de Ségolène Royal en matière de peer-to-peer. La gueuze ne serait-elle pas tentée par un débat ouvert sur l’évolution du droit d’auteur, voire par la vilaine licence globale? Bon point pour Nicolas Sarkozy, en revanche, qui ne s’est pas foulé pour l’occasion: les échanges via l’Internet, c’est de la délinquance. Et il l’a assez répété, sa France � lui sera sans pitié-sans laxisme avec la délinquance. Pour la bonne bouche, on rappelle son opposition � la licence globale , formulée en termes mesurés et subtils:

“Si je suis élu président de la République, il n’y aura pas de licence globale. Je n’accepterai pas l’idée du vol organisé sous prétexte du jeunisme et de la société de l’information. Car avec ça, on tuera toute forme de création.”

Pas de naïveté ici: je sais bien que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, contraints � des prises de positions parfois douloureuses quand nous avons l’étiquette “salarié” sur le front. Mais nous sommes en pleine campagne présidentielle et les motifs d’inquiétude � propos d’un Sarko déchaîné se multiplient. En être réduit � féliciter ce dernier pour sa fermeté affichée � l’égard des pratiques culturelles de millions de français par réflexe corpo, j’espère au moins que ça suscite quelques crampes d’estomac � certains adhérents du Snep.

Conflit d’intérêt: c’est ici. Ou alors par l� . Ou encore ici etc.

Crédit photo: Benoit Degiovani sous licence Creative Commons by-nc

Du bon usage de la piraterie RELOADED

empilage.jpgIl était sorti en octobre 2004 chez Exils. On y parlait de Mozart qui piratait le Miserere d’Allegri � la Chapelle Sixtine et des labos pharmas contestant aux pays pauvres le droit de copier des médicaments pas chers. On racontait les DRM et les OGM, les logiciels libres et la science ouverte. On y trouvait des méchancetés sur Pascal Nègre, le boss d’Universal. On y décrivait les dérives de la propriété intellectuelle, devenue une machine folle � guerroyer contre les mélomanes, les patients, le public, les paysans et mêmes les créateurs.

Du bon usage de la piraterie était épuisé, ben c’est fini: le voici de retour avec une couverture orange qui flashe � la Découverte. Et en poche, donc pas cher. Il y a même une postface en bonus où l’on parle Dadvsi et Wikipédia. Bien sûr, l’ouvrage est toujours disponible en version intégrale sous licence Creative Commons by-nc-sa. Avec ses remix conçus par des lecteurs, dont une version audio. Et une très belle version HTML.

Du bon usage de la piraterie est désormais le pirate de poche, toujours gratuit et payant � la fois, comme on le raconte dans ce texte. Un vrai bouquin-joli � feuilleter, � corner, � offrir. Et un vrai texte disponible librement, accessible � tous.

Ce soir, je suis content. Merci, merci, merci, merci. A tous.

Radio.blog.club, le retour du refoulé

rb_logo_big.gifNombreux débats ces derniers jours sur la fermeture temporaire du service de radio distribuée en ligne Radio.blog.club, fermeture provoquée par une Sacem très fâchée et au milieu d’une négociation. L’occasion d’un énième débat sur le droit d’auteur face au numérique et à l’Internet, de polémiques sans fin sur la vilaine gratuité et son camarade piratage. J’ai cédé à la tentation de gloser sur le sujet chez Calamo de Post Scriptum, en réponse à ses très pédagos arguments juridiques.

Dehors les blog-gueux!

censure.jpgCamarades bloggeurs, vous allez moins faire les malins. Des mois et des mois que vous nous narguez, nous les journalistes professionnels avec carte de presse, notes de frais et une-seule-mission-l’information. Que vous nous prenez la tête avec vos blogs et votre “journalisme citoyen”. Que vous nous traînez dans la fange, parasites de la communication que nous sommes, intermédiaires bidons et accapareurs de l’information.

Vous allez moins faire les malins car le gouvernement semble bien décidé à mettre un peu d’ordre superjuste dans votre loghorrée blogguique. Sa première mesure est d’ores et déjà très prometteuse. Grâce à un petit article glissé dans la loi sur la prévention de la délinquance, il devient interdit aux blog-gueux d’enregistrer et diffuser des images violentes. Seuls les Vrais Journalistes et les Médias Agréés peuvent le faire. Pour les autres, c’est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

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La gratuité en débat sur France Culture

fc.gifAujourd’hui mardi, l’émission d’Arnaud Laporte Tout arrive sur France Culture accueille un débat sur la gratuité, les échanges numérique et le partage avec Denis Olivennes et moi-même. L’occasion de s’y expliquer, livre contre livre.

L’émission peut se réécouter ici

La piraterie au service de la Roumanie

gates-wax.jpgC’était jeudi, lors d’une conférence de presse commune entre le président roumain Traian Basescu et le fondateur de Microsoft Bill Gates, à l’occasion de l’inauguration d’un centre technique de la firme de Redmond. On y a frôlé l’incident diplomatique quand le n°1 roumain a lâché:

“La piraterie a permis aux jeunes générations de découvrir les ordinateurs. Cela a tiré le développement d’une industrie high tech en Roumanie. (…) Cela a aidé les roumains à améliorer leur capacité de création dans le secteur des technologies de l’information, capacité désormais reconnue dans le monde entier.”

Réaction de Gates? No comment, précise le Washington Post. Il ne faut pas le prendre pour une tanche: cela fait bien longtemps que Bill Gates sait que la piraterie permet bien souvent de contribuer au développement des pays les plus pauvres sans pour autant plomber ses comptes. Bien au contraire, il sait en user comme d’un levier marketing.
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Proudhon mon amour

I love P2P“La propriété, c’est le vol!” et Proudhon avait le génie de la baseline. Denis Olivennes, le patron de la Fnac, sample donc cette formule culte pour cogner sur le peer-to-peer et s’apprête à publier un La gratuité, c’est le vol! le 7 mars chez Grasset. Je n’ai pas encore lu le livre, je piaffe, et j’espère un texte fort et musclé en défense de la loi Dadvsi et des durcissements du droit d’auteur face au numérique, dans la lignée des prises de position publiques du bonhomme ces derniers mois (en plus étayé et moins propagandesque). D’autant plus que le 15 mars, à la Découverte, sort la version poche de mon propre essai Du bon usage de la piraterie, qui défend a priori des positions inverses de celles d’Olivennes, et plaide, pour le droit d’auteur comme pour les brevets, pour une vision politique plus équilibrée et plus respectueuse du public. Un livre publié à l’origine fin 2004 chez Exils et disponible sur le web en téléchargement libre. Au tout début du travail sur ce bouquin, l’un des titres de travail était: “La propriété intellectuelle, c’est le vol!”. Proudhon, reviens, tout le monde te pirate!

Conflit d’intérêt: évident, ce post est une autopromo à peine adoucie par la présence du livre d’Olivennes.

Photo: tag sur la vitrine d’un loueur de films en vidéo, par melkorcete. Licence Creative Commons by-nc-nd

Nouveau disque d’or pour les comiques de la décennie: la filière musicale

La dernière fois que nous avions laissé nos amis de la filière musicale (en-proie-à -une -fucking-révolution- numérique-qui-déchire rappelons-le), ils avaient poursuivi en justice une grand mère pirate (et fan de Snoop Doggy Dog) aux Etats-Unis; puis, en Angleterre, fait pétitionner les morts. Et là , chez nous, en France, ils viennent de perdre un procès pour avoir collecté des preuves contre un présumé pirate (un dangereux, un handicapé alité depuis 3 ans) sans l’autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

On se mord les lèvres.

On ne rit pas.

On souffre en silence pour tous les auteurs, compositeurs, artistes et salariés des maisons de disques ou de la Sacem qui ne doivent plus oser sortir dans un dîner chez des amis de peur de déclencher l’hilarité. Ou la gêne.

Et tout ça à cause d’une grappe de maniaques.

Camarades patrons de presse nombreux à butiner ici, pitié, ne me faites jamais cela. Si le numérique souffle trop fort et vous déracine le business, ne me pourrissez pas mes soirées. Et laissez couler vos journaux.

Plutôt mort que courge.

Création littéraire à l’heure du numérique: colloque le 5 décembre

Pas de miracle: on trouve dans le secteur de l’édition bien des nuques raides prêtes à multiplier les procès sans réfléchir face aux damnés pirates du numérique. Raison de plus pour saluer sans faire le malin la façon dont la Société des gens de Lettres s’efforce d’aborder le sujet le 5 décembre prochain, sans -au moins dans la formulation du programme- sacrifier aux indispensables table-rondes sur la lutte antipiraterie et autres gueuzeries pleines de DRM.

Je participe à la troisième session de la journée, sur la question du droit d’auteur, où je raconterai mon utilisation des Creative Commons pour le livre Du bon usage de la piraterie, tout à la fois téléchargeable en ligne et vendu en librairie par Exils. L’occasion aussi de rappeler que ce mode de diffusion mixte offre pas mal d’avantages, au-delà même de la simple démarche de diffusion culturelle la plus large possible. La licence choisie pour Du Bon usage… (by-sa-nc) a inspiré nombre de lecteurs, qui ont proposé plusieurs “remix” du bouquin, dans différents formats (palm, OpenDocument, HTML, pdf…). Et même une version audio destinée aux aveugles et malvoyants, suggérée et pilotée par Incipitblog. Le tout sans nuire aux ventes, loin s’en faut puisque le livre est épuisé depuis quelques mois et doit ressortir en poche en mars 2007.

Il me semble évident que cette journée de débats sera d’autant plus intéressante et permettra un échange riche et sans dogmatisme que le public sera divers. Et je serai ravi d’y croiser les visiteurs de Caveat Emptor.

Attentat d’abondance dans Second Life

Imaginons une machine à dupliquer toute la matière du monde: la nourriture, les objets, les tissus, les paysages… D’une pression sur un bouton, là où l’on trouvait un quignon de pain, c’est une baguette qui apparaitrait. A partir d’une maisonnette, sans argent et sans effort, l’on bâtirait un lotissement. Dans le monde réel, on saluerait le logement pour tous, l’abondance réalisée, la fin de la faim et l’éradication de la misère. Mais pas dans Second Life, le monde en 3D où se pressent plusieurs centaines de milliers d’avatars: l’arrivée d’un logiciel Copybot capable de cloner à l’infini objets, vêtements (et même personnages) y sème une zone pas possible, ruinant un système économique bien rôdé, où les habitants avaient pris pour habitude de peaufiner leurs habits, de bâtir des logements, voire d’ouvrir commerce et de tout revendre en brouzoufs locaux, les Linden dollars.

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