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Cyberlose (II): comment j’ai raté la messagerie instantanée (à cause des filles)

Il est temps sur ce blog de confesser mon défaut le plus évident: je ne suis pas un entrepreneur. Je connais le Net depuis des temps immémoriaux, j’ai frôlé la plupart des innovations apparues sur le réseau. Et jamais -JAMAIS- je n’ai su piger au moment idoine qu’il y avait moyen de se faire des millions de dollars en étant juste un brin réactif. Il est temps, donc, de confesser cette tare, de témoigner de mon absence totale d’intelligence entrepreneuriale. Il est temps que l’on étudie enfin dans les écoles de business du monde entier la litanie de mes aveuglements, le tempo de mes loupés, la succession de mes trous noirs. Bref, il est temps que des entomologistes de l’innovation dissèquent pour la postérité et l’édification des cybermasses tout ce qui fait de moi un sérial-loser de la nétéconomie.

Après l’épisode 1, où j’ai joué au Mah Jong au lieu de créer Yahoo, voici l’…

…Episode 2. Dans lequel le bloggeur pense aux filles et oublie de déposer un brevet sur la messagerie instantanée

Avril 1995. Me voici à Budapest, dans un laboratoire au bord du Danube avec une vue à se damner sur le Szabadsag Hid. Encore un stage, le tout dernier après cinq années d’études d’ingénieur, et avant de trahir la confiance des contribuables en optant pour un tout autre métier que celui pour lequel j’ai été formé à grands frais. Malgré la vue, je m’ennuie. Il faut lutter, faire du jiu jitsu avec les interminables minutes passées devant l’ordinateur à faire semblant d’avancer sur mon projet de stage.

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Le panda rouge et l’argent du panda rouge

Le lancement de Firefox 2 ces jours derniers a ravivé une polémique aussi vieille que RedHat et l’apparition des premières entreprises capables de faire cracher des jets de dollars aux projets de logiciels libres. De fait, il semblerait -mais l’information demeure curieusement floue et je ne parviens pas à trouver de sources précises- que l’entité commerciale Mozilla Corp., qui gère les partenariats pour la Mozilla Foundation, encaisse plusieurs dizaines de millions de dollars grâce aux Google Bars et autres bidules lucratifs.

Pour cet employé de Microsoft, aucun doute, voici un odieux exemple de travail “à l’oeil”, où les communautés bénévoles du Libre dopées à l’idéologie du partage se font exploiter par d’opportunistes insiders salariés. Continue reading →

Cyberlose (I): comment j’ai raté le Web (et préféré jouer au Mah Jong)

Il est temps sur ce blog de confesser mon défaut le plus évident: je ne suis pas un entrepreneur. Je connais le Net depuis des temps immémoriaux, j’ai frôlé la plupart des innovations apparues sur le réseau. Et jamais -JAMAIS- je n’ai su piger au moment idoine qu’il y avait moyen de se faire des millions de dollars en étant juste un brin réactif. Il est temps, donc, de confesser cette tare, de témoigner de mon absence totale d’intelligence entrepreneuriale. Il est temps que l’on étudie enfin dans les écoles de business du monde entier la litanie de mes aveuglements, le tempo de mes loupés, la sucession de mes trous noirs. Bref, il est temps que des entomologistes de l’innovation dissèquent pour la postérité et l’édification des cybermasses tout ce qui fait de moi un sérial-loser de la nétéconomie.

Premier épisode. Dans lequel le blogueur joue au mah-jong plutôt que de préparer une IPO.

Nous sommes à l’hiver 1993. Après trois ans d’études d’ingénieur, le moment est venu d’aller bosser gratuitement d’acquérir une formidable expérience dans un labo de recherche public. C’est fou ce qu’une minute peut sembler durer trois heures quand on est en stage. Continue reading →

Hollywood, maximum respect (suite)

Après le joli badge pro-Hollywood des scouts de Los Angeles, un visiteur de ce blog, Guillaume Blum, propose son propre badge. Pour les éclaireurs?

Respect Copyleft

Pour Hollywood, maximum respect!

Toi aussi, comme les boy scouts de Los Angeles, affiche sur ton paletot ton dégoût pour le peer-to-peer, la copie pirate et toutes ces crapuleries qui ruinent le monde civilisé. Toi aussi, porte le badge “Respect Copyrights” sponsorisé par Hollywood.

Un troupeau de stars prive la copie d’un débat

Enfin du people à Bruxelles. Yves Duteil, les frères Dardenne, Perdro Almodovar et Bertrand Tavernier étaient jeudi à Bruxelles pour la Culture d’abord! et défendre la copie privée menacée par l’ogre Mc Creevy, ci-devant commissaire européen et ultralibéral. Continue reading →

Copyright Tour avec vos impots: Global India

Me voila en Inde. A Bombay, première étape d’une série de débats et de conférences sur les rapports conflictuels entre propriété intellectuelle et mondialisation à l’invitation de l’ambassade de France et des Alliance Française locales. Avec vos impôts, merci. Continue reading →

L’IGN et les biens communs

Les débuts de l’IGN sur le Web ont laissé un souvenir plus que mitigé: subermergé par le succès de leur Google maps-like, l’Institut n’a pas su gérer les premiers jours de mise en ligne. Et qu’a-t-on découvert une fois le service enfin accessible? Un service amusant de survol de la France en lecture seule. Un gadget plaisant idéal pour piquer du temps de travail à son patron, jeter un cil sur la maison de famille à la campagne ou observer la tour Eiffel. Impossible de réutiliser le système de cartographie de l’IGN pour créer son propre service, le coupler à un autre logiciel ou inventer une nouvel usage. Quant à créer une entreprise s’appuyant sur les données de l’IGN, bon courage: l’Institut doit désormais cracher du bénéfice, et impose des tarifs élevés pour ses données. Continue reading →

Ne téléchargez pas cette chanson

Al Yancovic propose une chanson grinçante sur la politique anti-téléchargement, un Don’t download this song mettant en garde le “criminal scum you are” contre ce vice qu’est l’atteinte aux lois sur le droit d’auteur. Le tout sur fond musical de soupe à la We are the world. Le clip, à voir ci dessous, est signé Bill Plympton.

Question: Al Yancovic, qui incite de façon poilante à l’usage du P2P, risque-t-il 6 mois de prison et 30.000 euros d’amende, comme le prévoit la DADVSI, article 22-II-4? Ou cette chanson est-elle couverte par l’exception pour parodie?
[youtube]0C93_0L2Z9c[/youtube]

Capital-risque et goût du sang

Paul Graham est un investisseur et il apporte des ronds à des start-ups. Et Paul Graham n’est pas un de ces naïfs adorateurs de la licence globale ou de tout autre moyen de réparer gentiment une filière musicale flippée avec l’aide de l’Etat et de la loi. Lui, son grand rêve, c’est de tuer les maisons de disques avec du pognon et du business. Quand il va s’attaquer aux journaux, je commencerai à pleurer.

Interviewé dans Techcrunch, Paul Graham dit:

One startup I dream of funding is the one that kills the record companies. You know your business model is broken when you’re suing your customers. The new business model must be out there somewhere, and my guess is that the way to beat the bad guys is not through political action (or at least, not only that), but by inventing whatever replaces them.

Et en français:

Une start-up que j’aimerais financer, c’est celle qui va tuer les maisons de disques. Vous savez que votre business model est mort quand vous commencez à poursuivre en justice vos clients. Le nouveau modèle économique doit bien être quelque part, et je pense que le meilleur moyen de battre les méchants n’est pas l’action politique (ou pas seulement), mais d’inventer ce qui les remplacer.

PS: merci à l’oeil laser de Standblog pour cette citation magnifique