Entries Tagged 'Politiques' ↓

Dehors les blog-gueux!

censure.jpgCamarades bloggeurs, vous allez moins faire les malins. Des mois et des mois que vous nous narguez, nous les journalistes professionnels avec carte de presse, notes de frais et une-seule-mission-l’information. Que vous nous prenez la tête avec vos blogs et votre “journalisme citoyen”. Que vous nous traînez dans la fange, parasites de la communication que nous sommes, intermédiaires bidons et accapareurs de l’information.

Vous allez moins faire les malins car le gouvernement semble bien décidé à mettre un peu d’ordre superjuste dans votre loghorrée blogguique. Sa première mesure est d’ores et déjà très prometteuse. Grâce à un petit article glissé dans la loi sur la prévention de la délinquance, il devient interdit aux blog-gueux d’enregistrer et diffuser des images violentes. Seuls les Vrais Journalistes et les Médias Agréés peuvent le faire. Pour les autres, c’est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Continue reading →

 
icon for podpress  Chronique Masse Critique: Play Now | Play in Popup | Download

CNE: puisqu’on vous dit que c’est de la balle!

worker.jpgLe Contrat Nouvelles Embauches, c’est tellement tip top que Nicolas Sarkozy veut l’étendre à tous les salariés. Et pour prouver que le CNE -qui permet de rompre un contrat de travail sans motif dans les deux premières années- c’est vraiment bien, tous les moyens sont bons: l’économiste Eric Maurin revient sur la façon dont un sondage médiocre sert aujourd’hui la propagande gouvernementale sur le sujet, à défaut de laisser de véritables études d’évaluations être publiées. On notera aussi le commentaire d’Olivier Bouba-Olga.

Image: sculpture murale prise à Düsseldorf par hllr. Licence Creative Commons by-nc-nd

La Convention de Genève au secours des fumeurs

Last cigaretteC’est le jour J, camarades fumeurs, l’instant de la soumission totale, de la reddition face aux triomphants poumons clairs. Ripostez grâce à Frédéric Rolin et obtenez un sursis pour enfumer vos collègues: pour cela il suffit d’invoquer la Convention de Genève (troisième du nom, il s’en signe, des conventions, à Genève), celle portant sur les prisonniers de guerre. Et plus précisément l’article 26 (“L’usage du tabac sera autorisé”) et l’article 5 (en substance: “si tu te dis prisonnier de guerre, tu obtiens ce statut jusqu’à ce qu’un tribunal décide du contraire”). Pour définitivement scotcher le non-fumeur qui glapit “le décret, le décret, le décret!”, achevez-le avec l’article 55 de la Constitution française: “Les traités (…) ont (…) une autorité supérieure à celle des lois”. Exigez une plainte, réclamez un juge et, dans l’intervalle, grillez vous des clopes.

C’est un peu ridicule, mais cela peut occuper une partie de la journée, qui s’annonce comme le jour le plus long. Soutiens à cette épreuve inhumaine bienvenus en commentaires.

photo: dernière cigarette de jaxpix, le jour de son 50ème anniversaire. Licence Creative Commons nc-sa

Les profs gagnent 20% de moins qu’en 1982

Au moment même où un porte-parole du gouvernement fantasme un prof certifié émargeant à 4100 euros et où une candidate à l’élection présidentielle aimerait attacher les enseignants au radiateur de la cantine 35h par semaine, l’information est passionnante: les profs ont perdu 20% de salaire depuis le début des années 80. Je le répète pour tous les lecteurs pénibles (et de droite) qui ont du mal à accepter les chiffres: LES PROFS ONT PERDU 20% DE SALAIRE REEL DEPUIS LE DEBUT DES ANNEES 80.

Voilà donc la baseline, le slogan qui va déchirer votre cousin pénible (et de droite) lors de la prochaine engueulade familiale. L’argument bourre-pif qui va enrayer la litanie sur ces profs-feignasses (version UMP), sur ces profs -méritants -mais- quand - même - qui- pourraient -accepter -la -modernité (version PS) ou sur ces profs -qui -ont -quand -même -les -vacances (version consensuelle).

Pour plus de détails, on apprend par coeur la fiche technique: cette info est tirée d’un article des économistes Btissam Bouzidi (université de Cergy-Pontoise), Touria Jaaidane (Université de Lille) et Robert Gary-Bobo (Paris I), résumé sur Telos-eu. Ces trois chercheurs ont analysé les grilles de salaires des enseignants entre 1960 et 2005 et ont constaté que le traitement net des profs du secondaire et du supérieur avait grimpé de 40% en (salaire réel) entre 1960 et 1982, pour diminuer de 20% entre 1982 et aujourd’hui. La bascule correspond exactement au tournant de la rigueur sous le premier septennat Mitterrand.

Les trois chercheurs avancent plusieurs explications (chômage croissant, féminisation, démocratisation de l’enseignement), et proposent plusieurs implications (chute de la qualité du corps professoral, démoralisation) à ce phénomène, bien sûr. Vous pourrez tenir solidement pendant une bonne demie-heure face aux hoquets des pénibles (de droite).

PS: petit jeu pour nos lecteurs de droite. Pour trouver la nuance qui vous permettra de riposter en cas de provocation, il suffit de trouver dans l’article de Telos-eu le court passage qui correspond au titre choisi, apparemment sans aucun rapport avec le sujet: “Salaires ou loisirs: il faut choisir!”.

PS 2: Mes plus vives félicitations à l’éditeur de cet article sur Telos, qui est parvenu à extraire du texte un passage lui permettant de titrer social-libéral un article aussi incroyablement susceptible de réjouir n’importe quel archéo-socialiste.

Squat XXIème siècle

ministere.jpgTrois associations, des artistes et plusieurs familles se sont installées juste avant Noël rue de la Banque, dans le deuxième arrondissement de Paris. Un squat politique sur fond de crise massive du logement. Hier, la salle informatique, ses câbles et ses connexions internet a été ouverte. Le récit sur le blog du Ministère de la Crise du logement

Un élu socialiste star sur YouTube…

…mais ce n’est pas un(e) Français(e), c’est un belge: le désormais culte (et souvent cuit, voilà le sel de l’affaire) Michel Daerden. Cela fait cinq fois en quelques jours que l’on me signale les vidéos du personnage, le correspondant de Libé à Bruxelles s’y est même collé et tout semble indiquer une popularité exponentielle.

[youtube]BfyFyzSKVxM[/youtube]

Continue reading →

Bernard Maris, un économiste contre les économistes

http://www.flickr.com/photos/brent_nashville/166218527/Ca barde contre le chroniqueur-économiste-écrivain Bernard Maris, alias Oncle Bernard. Poum, voici l’interview qu’il a donnée à Libération éreintée sur le blog de Daniel Schneidermann. Et re-poum, voilà Léconomiste, sur son blog , qui envoie quelques bordées de plus dans la face de celui qu’il qualifie avec nuance de “Jojo ivre mort au café du commerce”.

Histoire de permettre une petite séance de rattrapage, voici tout d’abord un extrait du genre de propos tenus par Bernard Maris:

Avant, c’était simple : il y avait le patron, les syndicats, le travailleur. Le travailleur pouvait péter la gueule de son boss. Aujourd’hui, l’ennemi est partout. Du collègue de bureau au travailleur textile chinois en passant par le plombier polonais. La notion de lutte des classes a explosé : elle est aussi forte dans la classe qu’entre les classes. Le capitalisme préfère l’agitation stérile à l’introspection. On consomme par mimétisme. On se réfugie dans le futile, relevait déjà Pascal. Formidable civilisation que celle où le déchet devient la première marchandise ! Une civilisation Thanatos, barbare, pas très Eros.

Continue reading →

Démonstration: le “dédé” Jean-Marc Sylvestre gagne 250 euros par mois

Un “dédé”, c’est un démagogue du déficit, car il existe bien aujourd’hui une démagogie de la dette, avec comme seul objectif de serrer les ceintures (les vôtres, pas celles des dédés). Le trophée du dédé, cette semaine, est remis sans hésitation aucune au camarade Jean-Marc Sylvestre. Lors de son débat hebdo avec Bernard Maris sur France Inter vendredi 24 novembre, il devisait du déficit public, quand soudain:

Y a une inquiétude réelle (…). Nous travaillons six mois de l’année pour payer la dette. Notre génération va laisser une dette, euuh, invraisemblable aux générations futures.

Auditeurs de France Inter, tremblez: à fin juin, votre pécule de travailleur sera tout entier capté par l’Etat. Et même pas pour bâtir des hôpitaux, des routes et toutes ces bimbeloteries vénérées par la gauche fiscale. Non, pour rembourser la mauvaise dette, car il est à la mode désormais de distinguer la mauvaise dette et la bonne dette comme pour le cholérestérol (à lire ici).

Vous travaillez six mois de l’année pour rembourser cette dette, camarade Jean-Marc? Un rapide coup d’oeil au budget de l’Etat indique que le poste “remboursement de la dette” -le deuxième du budget, tout de même- s’élève à 40 milliards d’euros. Nous sommes 28 millions d’actifs en France. Cela fait donc 1428 euros à payer chacun, en admettant (ce qui est bien sûr faux) que cette somme soit également répartie et uniquement à la charge des contribuables. Donc si monsieur Jean-Marc Sylvestre travaille “six mois de l’année pour payer la dette”, ça nous place le salaire brut moyen annuel du monsieur à un peu moins de 3000 euros, soient 250 euros par mois. Ce n’est pas très lucratif, dites moi, chroniqueur des marchés dans les médias. Ou alors faut-il croire que Jean-Marc “Dédé” Sylvestre aurait eu la formule un peu lourde?

Université à vendre: une chaire pour pas cher

Voila une nouvelle qui va rendre fous de bonheur tous ceux qui aiment tant la modernité et la réforme qu’ils sont prêts à tous bazarder en leur nom: l’université Paris-Dauphine va inaugurer quatre chaires d’enseignement financées par le privé. Une info curieusement passée presque inaperçue dans la presse, et pourtant fondamentale pour l’avenir de l’université française. Voici venu le temps des cursus co-définis avec le privé, comme l’admet Elyès Jouini, vice-président de Dauphine et cité par l’Express:

Ce sera un véritable partenariat : les entreprises auront leur mot à dire dans les programmes développés, leurs chercheurs, qui fonctionnent souvent en vase clos, bénéficieront d’un point de vue différent sur leur travail, et puis elles peuvent aussi espérer attirer à elle les meilleurs élèves des programmes

Pour cette première, on relève une chaire EDF du développement durable (avec des morceaux de nucléaire dedans) ou encore une chaire “risque santé” avec les AGF (kicéki gère mieux les risques santé, mmmh, pas la Sécu, non non non nooon!). On attend avec impatience la chaire “Histoire de la littérature” financée par XO, avec des programmes enfin expurgés de toute ces conneries sur le style, les auteurs du XIVème siècle et les vieux machins qui ne se vendent pas.

Mort de Friedman: une défaillance de marché?

Conseiller de Reagan, inspirateur de Margaret Thatcher, partisan du tout marché, de la privatisation des écoles, des routes et anti-Keynésien emblématique, Milton Friedman est mort hier à 94 ans. Même si je rejette avec vigueur à peu près tout ce que peut représenter l’universitaire, il a prouvé une chose: les idéologies ne sont pas mortes et désormais inopérantes, elles ont juste changé de camp.
On lira l’article du New York Times sur le bonhomme, ou encore celui de Libération. Deux citations pour s’amuser avec la pensée de marché:

La responsabilité sociale d’une entreprise est d’accroître son bénéfice

Le libre marché est le seul mécanisme que l’on ait jamais découvert pour établir une démocratie participative